Comment fonctionne le Fact-checking de Facebook ?

Comment fonctionne le Fact-checking de Facebook ?

En décembre 2016, après avoir reçu une vague de critiques contre la désinformation en ligne lors de l’élection présidentielle, Facebook a annoncé son projet de vérification des faits par un tiers (ou Third Party Fact-Checking). Des organisations indépendantes identifieraient les fausses nouvelles ou fake news, et Facebook mettrait leurs conclusions à la disposition des utilisateurs, tout en déclassant les publications incriminées dans son fil d’actualité.

 

Comment fonctionne le Fact-checking de Facebook ?

 

Apparue aux États-Unis dans les années 1990 sous l’appellation de Fact-checking, la vérification des faits consiste à vérifier en temps réel la véracité des informations et l’exactitude des chiffres avancés dans les médias par des experts ou des personnalités politiques. Elle consiste aussi à s’assurer que les médias eux-mêmes sont suffisamment objectifs dans leur traitement de l’information.

Dans le cadre de son programme de Fact-Checking, Facebook fournit à des vérificateurs indépendants du contenu à réviser et à évaluer. Julia Bain de Facebook, aux États-Unis, a déclaré que l’algorithme de Facebook envoie du contenu aux vérificateurs des faits en fonction de paramètres tels que des utilisateurs qui signalent un message ou des doutes exprimés dans les commentaires de ce message. Une fois que le contenu a été jugé faux par les Fact-checkers, sa portée sur Facebook diminue de plus de 80%, dit Bain.

Le contenu vérifié est automatiquement marqué sur Facebook, afin que les utilisateurs soient informés s’ils partagent une publication qui a été examinée. Les utilisateurs peuvent toujours partager les histoires, les images et les vidéos qui ont été jugées fausses, mais elles sont affichées plus bas dans les flux d’actualités par l’algorithme de Facebook dans le but de réduire leur portée. Toutefois, une analyse réalisée par Buzzfeed News a révélé que le top 50 des histoires jugées fausses sur Facebook en 2018 ont généré environ 22 millions de partages, réactions et commentaires. Et tout comme la publicité locale, les fake news sont souvent locales.

 

En France, l’outil de Fact-checking de Facebook est disponible depuis 2017. Facebook travaille avec des partenaires comme l’AFP, France Télévisions, France Médias Monde, 20 Minutes, Le Monde, Libération, L’Express ou encore BFMTV pour vérifier les informations douteuses. 

 

Le Fact-checking de Facebook est-il vraiment efficace contre la désinformation ?

 

Si l’introduction du Fact-checking sur Facebook est une bonne chose, on se demande si le programme est vraiment efficace pour arrêter la propagation de la désinformation. Full Fact, partenaire à but non lucratif du projet de Facebook, a publié un rapport détaillé sur les six premiers mois de sa participation au programme. Dans l’ensemble, le groupe dit que la vérification des faits par un tiers vaut la peine, mais le rapport a un certain nombre de critiques à formuler sur le fonctionnement du programme.

Par exemple, selon Full Fact, la façon dont Facebook évalue les fake news doit changer, car la terminologie et les catégories appliquées ne sont pas assez précises pour être utiles. De plus, Facebook n’a jusqu’à présent pas réussi à améliorer son temps de réaction dans le marquage et la réponse aux vérifications effectuées.

Full Fact reproche également à Facebook de ne pas être assez transparent ou clair sur l’impact du Fact-checking effectué par ses partenaires indépendants. Combien d’utilisateurs les vérifications des faits ont-elles atteint ? Combien de personnes ont cliqué sur les liens associés à une fake news ? Le projet a-t-il ralenti ou même stoppé la propagation de la désinformation ? Autant de questions auxquelles Facebook ne semblent pas vouloir répondre.

La seule réponse du géant des réseaux sociaux au rapport de Full Fact, qui contenait onze recommandations sur la façon de faire mieux, a été de dire qu’il encourage ses équipes à suivre activement la plupart des recommandations contenues dans le rapport “dans le cadre d’un dialogue continu avec nos partenaires, et nous savons qu’il y a toujours place à amélioration.” Aucune réponse de Facebook, pour l’heure, sur les critiques concernant le manque de données sur l’impact du programme.

 

Besoin d'aide pour vos publicités Facebook ?

11 + 14 =

Previous

Share This